
La Peugeot 305 a été produite de 1977 à 1990, exclusivement en berline et en break. Aucun cabriolet n’a jamais figuré au catalogue officiel de la marque. Ce constat pose une question précise : comment expliquer qu’une « Peugeot 305 cabriolet » alimente encore les recherches et les discussions entre passionnés, alors que le modèle n’a techniquement jamais existé en série ?
Prototypes Peugeot 305 : les carrosseries qui n’ont jamais vu le jour
Les concurrents traitent largement de l’histoire commerciale de la 305, de ses motorisations ou de sa place dans la gamme Peugeot. Un aspect reste peu documenté : l’ampleur des projets de carrosserie abandonnés en interne, qui éclaire directement la question du cabriolet.
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Durant la phase de développement (projet J puis D41), les studios de design Peugeot ont exploré des silhouettes très éloignées de la berline tricorps finalement retenue. Parmi les pistes étudiées : une version cinq portes à hayon, un coupé bicorps inspiré de tendances américaines, et un break de chasse à vocation plus sportive.
Aucune de ces variantes n’a dépassé le stade de la maquette ou du prototype roulant. Peugeot n’a jamais produit de 305 cabriolet en usine. La marque réservait alors ses développements découvrables à des modèles plus haut de gamme, comme la 504 cabriolet conçue par Pininfarina. La 305, positionnée sur le segment des berlines familiales accessibles, ne justifiait pas l’investissement d’un tel programme aux yeux de la direction.
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Pour tout savoir sur la Peugeot 305 cabriolet et ses déclinaisons restées dans l’ombre, il faut distinguer ce qui relève du fantasme collectif et ce qui a réellement été construit, fût-ce artisanalement.

Conversions cabriolet artisanales : la 305 découvrable existe bel et bien
Si Peugeot n’a rien proposé, des ateliers indépendants ont pris le relais. Dans les années 1980 et 1990, principalement au Portugal et en Espagne, des carrossiers spécialisés ont transformé des berlines 305 en cabriolets. Ces conversions impliquaient la découpe du pavillon, l’ajout de renforts de structure et la soudure d’arceaux de sécurité.
Ces 305 cabriolets artisanales circulent encore aujourd’hui. Elles apparaissent sporadiquement sur des sites de petites annonces européens, décrites comme « transformation artisanale » ou « cabriolet non d’origine ». Leur immatriculation varie selon les législations locales.
- Au Portugal, certaines sont enregistrées avec un certificat de véhicule d’intérêt historique délivré par le Museu do Caramulo, ce qui facilite leur circulation légale.
- En France, une telle transformation nécessite une réception à titre isolé (RTI) auprès de la DREAL, avec contrôle de la rigidité structurelle et de la conformité aux normes de sécurité.
- Dans plusieurs pays d’Europe de l’Est, ces véhicules modifiés bénéficient de procédures d’homologation plus souples, ce qui explique leur présence sur ces marchés.
Le nombre total de 305 cabriolets artisanales en circulation reste très faible. Leur rareté en fait des curiosités recherchées lors de rassemblements de véhicules anciens, davantage pour leur caractère insolite que pour leur valeur marchande.
Peugeot 305 cabriolet face aux vrais cabriolets Peugeot : tableau comparatif
Pour situer la 305 dans la lignée des Peugeot découvrables, un comparatif avec les modèles qui ont réellement existé en série permet de mesurer l’écart.
| Modèle | Production | Origine cabriolet | Carrossier |
|---|---|---|---|
| Peugeot 304 cabriolet | 1970-1975 | Série officielle | Pininfarina |
| Peugeot 504 cabriolet | 1969-1983 | Série officielle | Pininfarina |
| Peugeot 305 « cabriolet » | Années 1980-1990 | Conversion artisanale | Ateliers indépendants (Portugal, Espagne) |
| Peugeot 205 cabriolet | 1986-1994 | Série officielle | Pininfarina / Peugeot |
La 305 est la seule de cette liste à n’avoir jamais bénéficié d’un programme cabriolet officiel. En à peine quelques années, sa remplaçante logique sur le segment, la 309, n’en recevra pas non plus. Peugeot concentrera ses efforts découvrables sur la 205, devenue un phénomène commercial à partir du milieu des années 1980.

Pourquoi Peugeot a choisi la 205 plutôt que la 305
La 305 souffrait d’une image conservatrice. Bien conçue mais jugée trop classique, elle incarnait la berline familiale sans aspérité. La série 2, lancée en 1982, avait modernisé la voiture avec une meilleure tenue de route et des motorisations plus convaincantes, mais l’image de marque restait celle d’un véhicule sage.
La 205, en revanche, a créé une rupture stylistique et commerciale. Peugeot a logiquement investi dans le cabriolet 205 parce que ce modèle touchait une clientèle plus jeune, plus sensible au design et au plaisir de conduite. Le retour sur investissement d’une version découvrable de la 305 aurait été trop incertain pour une marque dont les finances, à la fin des années 1970, ne permettaient pas beaucoup d’expérimentations.
Cote et marché de la Peugeot 305 en collection
La 305 reste un modèle discret dans le paysage de la collection automobile française. Avec plus de 1,6 million d’exemplaires produits sur l’ensemble de sa carrière, elle n’a pourtant pas la rareté qui fait grimper les prix.
Les versions les plus recherchées sont les GTX à motorisation essence et les rares exemplaires en état d’origine avec kilométrage certifié. Les breaks, autrefois négligés, suscitent un regain d’intérêt chez les amateurs de véhicules utilitaires anciens.
Quant aux 305 transformées en cabriolet, leur valeur dépend entièrement de la qualité de la conversion. Une transformation soignée avec documentation technique et certificat d’homologation peut intéresser un collectionneur curieux. Une découpe approximative sans renfort structurel n’a en revanche aucune valeur sur le marché, et pose des problèmes de sécurité réels.
Réglementation française pour les véhicules modifiés de collection
En France, la carte grise collection (délivrée pour les véhicules de plus de trente ans) ne dispense pas du contrôle technique. Une 305 transformée en cabriolet doit présenter un dossier de réception à titre isolé si la modification n’est pas réversible. La rigidité en torsion d’une berline dont le pavillon a été supprimé chute de façon significative sans renforts adaptés, ce qui constitue le principal point de vigilance technique.
La Peugeot 305 cabriolet n’a jamais figuré dans aucun catalogue officiel, mais elle existe malgré tout, fabriquée à la main par des passionnés qui ont vu dans cette berline discrète un potentiel que Sochaux n’a pas exploité. C’est précisément cette absence industrielle qui en fait une curiosité automobile, à mi-chemin entre le prototype oublié et la création artisanale.